Quand la tempête arrive…

Beaucoup de gens semblent nerveux en voyant la crise financière qui sévit actuellement aux É-U et qui commence à se faire sentir ailleurs dans le monde et qui s’offusquent de voir André Pratte de La Presse essentiellement faire écho à Stephen Harper, disant qu’il n’y a pas de crise au Canada. Ceci mérite une petite explication.
Tout d’abord, ni M. Pratte ni M. Harper ne prétendent que le Canada est à l’abri de la tempête qui se prépare et seuls les mauvaises langues peuvent prétendre que M. Harper reste les bras croisés. Je ne prétend pas être un expert en économie, mais depuis le début de cette crise, je me suis plongé dans la lecture sur le sujet, cherchant à comprendre les dessous de la crise, ce que peu de journalistes se donneront la peine de faire. Aussi ai-je été agréablement surpris de l’éditorial d’André Pratte, puisqu’il répète essentiellement le gros de mes lectures de sources comme l’Institut von Mises, aux fils rss duquel je me suis abonné. Les économistes de cet institut sont parmis les rares qui avaient prédit cette crise et qui conservent un haut degré de crédibilité quant aux solutions.
Un des pièges des sciences économiques, selon toutes mes lectures, est la croyance qu’une économie peut être planifiée centralement de haut en bas. La meilleure démonstration de la fausseté de ce sophisme fût la spectaculaire implosion de l’URSS. Un État, si puissant soit-il, est incapable de gérer toute l’information nécessaire pour contôler l’économie. C’est comme essayer de contrôler la météo. Au mieux, on peut prédire les tendance, mais on ne peut pas la contrôler. Donc, même pour un gouvernement très interventionniste, son pouvoir sur l’économie est limité.
Ceux qui ont des notions de navigation marine savent que lorsqu’une tempête arrive, soit on se dirige au port le plus près ou on baisse les voiles, on ferme les écoutilles, on attache tout et on attend que ça passe. Essentiellement, pour une récession, c’est un peu pareil. Pour commencer, il est essentiel de ne pas céder à la panique, ce que les américains ont fait et ce que les européens semblent prêts à faire. Ce que Stephen Harper et André Pratte disent essentiellement, c’est que notre bateau est solide. Il ne faut donc pas s’affoler. La pire chose qu’un gouvernement peut faire dans cette situation est de poser des gestes irréfléchis.
Quoi faire? Selon Jesús Huerta de Soto, professeur d’économie à l’Université Rey Juan Carlos de Madrid, la meilleure politique à suivre de la part d’un gouvernement est de :
- Libéraliser l’économie de plus possible, en particulier le marché de l’emploi, afin de faciliter la réallocation de la main d’oeuvre aux secteurs les plus performants
- Réduire les dépenses publiques.
- Réduire les impôts et les taxes.
À cette liste, j’ajouterais: encourager l’épargne.
Ce qu’il ne faut surtout pas que le gouvernement fasse est de se lancer dans de nouveaux programmes et de nouveaux impôts. Les programmes de travaux publics ne créent de l’emploi qu’au dépens d’autres secteurs de l’économie, car ils doivent essentiellement être financés par de nouvelles taxes. Il ne faut pas que le gouvernement se serve de l’argent du contribuable pour garder certaines industries à flot, il ne ferait que prolonger leur agonie et ainsi, retarder la reprise. Il serait préférable qu’ils utilisent ces fonds pour réentrainer la main d’oeuvre où c’est nécessaire.
Je sais que c’est difficile à accepter pour les étatistes purzédurs, mais les politiques énumérées ci-haut ne veulent pas dire qu’on ne fait rien. Il est tentant de dire toujours que le gouvernement doit faire quelque chose. Sinon, pourquoi élire un gouvernement? Mais, parce qu’un gouvernement agit, ne veut pas dir qu’il prend les bonnes décisions. Sinon, pourquoi le plan Paulson ne réussit-il toujours pas à rassurer les marchés?










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On est bien sévère avec le plan Paulson depuis son adoption, et ça me laisse perplexe. Ça fait à peine quelques jours qu’il a été adopté! Un peu rapide pour émettre un jugement quant à son efficacité, non? (on peut avoir ses doutes, mais il faudrait encore les exprimer au futur, pas comme s’il avait déjà échoué). Qui s’attendait à ce qu’une crise aussi grave soit réglée en quelques heures?
Sinon, je vais te surprendre, mais je suis d’accord avec l’essentiel de ton analyse. Certaines solutions proposées me semblent un peu obscures (et parfois teintées d’opportunisme idéologique; baisser les taxes va atténuer la crise, vraiment? ça risque surtout d’entretenir des doutes sur la stabilité budgétaire de notre gouvernement). En quoi encourager le crédit va-t-il aider le Canada, dont les problèmes ne viennent pas de la fiabilité des banques, mais des contrecoups sur le secteur de l’exportation? je ne suis pas économiste, je ne vois pas le lien entre les deux.
Mais nous semblons d’accord sur le fait que l’interventionnisme proposé par les partis d’opposition ne résoudra pas le problème.
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@Déréglé temporel:
Bienvenue sur mon blogue,
Non, je ne m’attend pas vraiment que le Plan Paulson règle le problème du jour au lendemain, mais si j’en crois tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent, il ne règlera pas le problème du tout, en plus de sentir la panique à plein nez. Ce plan est clairement improvisé et à long terme, je crois qu’il causera plus de tort que de bien. Il semble peut-être que les marchés ne sont pas dupes
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Ce qui est le pire avec leur plan de 700 G$, en plus de ne rien régler, c’est qu’un tel acte fera, à l’image des premières sentences judiciaires, ‘jurisprudence’ les prochaines fois que le NYSE sera dans le trouble. À l’image des belles petites nations socialistes, le ‘wouernement’ (comme dirait feu Culbécois) américain sera donc toujours appelé à intervenir avec les grands moyens pour tenter de sauver la situation. Le wouernement est donc devenu et sera toujours le centre de l’économie et à l’avenir, tout passera par lui.
Précédemment, je vous ai dit de ne plus mettre beaucoup d’espoir dans le système financier nord-américain. Voilà un signe très clair de ce que j’ai affirmé. Vous avez des placements, oubliez les fonds d’ici, par commencer la sacro-sainte Caisse de Dépôt, et regardez au niveau des marchés asiatiques. Dans toute cette jungle de chiffres et de deniers, l’Asie sera une variable sûre pour un bon petit bout…
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@Fraddé:
Désolé, ton commentaire a été intercepté par l’anti-spam. Je l’ai débloqué aussitôt que je l’ai vu.
D’accord avec toi jusqu’à un certain point. La jurisprudence, c’est le «new deal» des années 30. Et le pire, c’est que la plupart des gens s’imaginent que le new deal a aidé, alors qu’il n’a qu’aggravé la crise. L’illettrisme économique est rampant.
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« Un État, si puissant soit-il, est incapable de gérer toute l’information nécessaire pour contôler l’économie. »
Avec ce genre de logique, on peut dire à un général qu’il ne sert à rien de préparer une stratégie pour la bataille, parce qu’il est impossible de contrôler toute l’information de ce qui se passe sur le terrain.
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@Déréglé temporel:
L’erreur, c’est que l’économie n’est pas comparable à un affrontement militaire. L’économie est constituée de millions d’individus qui investissent, épargnent ou consomment en poursuivant leur propre intérêt. C’est autrement plus chaotique qu’une bataille.
Et d’ailleurs, même les meilleurs généraux n’ont pas eu le complet contrôle de l’issue d’une bataille. Jusqu’ici toutes les tentatives d’établir une économie contrôlée et planifiée centralement ont failli.
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Voilà qui devrait instruire un peu les analphabètes économiques: les Dion, Duceppe, Layton, May, Bush, Paulson, Bernanke, Charest, Dumont, Marois, David, Khadir, Obama, Biden, Labeaume et les autres gau-gauchistes de ce monde.
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@Jean-Luc Proulx:
Merci Jean-Luc! Dommage que justement ils ne me lisent pas…
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Je suis parvenu à ton texte via le site de cyberpresse.
Je trouve ton discours pas mal simpliste. La réalité est pas mal plus complexe.
Libéraliser l’économie de plus possible, en particulier le marché de l’emploi, afin de faciliter la réallocation de la main d’oeuvre aux secteurs les plus performants
Réduire les dépenses publiques.
Réduire les impôts et les taxes.
Une leçon à retenir de cette crise est justement d’éviter ces 3 principes… qui nous mènent à la crise…
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@Jean-Philippe Godbout:
Bienvenue, merci de votre visite.
Pas si on en croit Murray Rothbard, qui, je crois, en connait plus que vous sur les cycles économiques et les récessions. Quant à la cause de la crise, elle était justement causée par la politique inflationniste de la FED et non par la libéralisation économique.
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« C’est autrement plus chaotique qu’une bataille. »
J’imagine Napoléon éclater de rire devant une déclaration aussi imprudente.
« Et d’ailleurs, même les meilleurs généraux n’ont pas eu le complet contrôle de l’issue d’une bataille. »
Justement.
« Jusqu’ici toutes les tentatives d’établir une économie contrôlée et planifiée centralement ont failli. »
Ton erreur, c’est de croire qu’il faille tout contrôler pour parler d’un interventionnisme efficace. C’est de la caricature qui nie la possibilité de toute réalité intermédiaire.
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En date d’aujourd’hui:
Le FMI (Fonds moétaire international) prêche pour une intervention forte des pouvoirs publics
Agence France-Presse
Le libéralisme économique néoclassique n’est appliqué dans aucun pays au monde. Ce ne sont que théorie, difficilement applicable à la réalité avec les résultats escomptés sur papier. La réalité est infiniment plus complexe.
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@Jean-Philippe Godbout:
Evidemment, le FMI étant une organisation keynésienne, l’intervention étatique sera toujours son modus opérandi. Cependant, ces mêmes interventions sont ce qui ont fait que la grande dépression à duré 10 ans… Personnellement pas un chapitre de l’histoire que j’aimerais répéter parce que nos politiciens ne sont pas capables de tirer des leçons de l’histoire.
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@Déréglé temporel:
Le problème est que les politiciens ne savent jamais où s’arrêter dans leurs interventions. Des lois comme le CRA aux États-Unis en sont un bon exemple.
Un autre exemple: Au début de la grande dépression, Hoover a cherché à maintenir le niveau des salaires alors que l’économie était en déflation. Résultat: 25 % de chômage. La plupart des politiciens cherchent à agir et ne prennent pas le temps de vérifier les causes à effet.
Les soldats sont supposés obéir aux ordres. Les millions d’acteurs de l’économie sont non seulement plus nombreux que les soldats, mais ils n’obéissent à aucun ordre, sauf leur intérêt personnel.
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« supposés » est un excellent mot qui laisse beaucoup de liberté à la réalité.
Sinon, je m’étonne que tu me fasses une aussi importante concession:
« Le problème est que les politiciens ne savent jamais où s’arrêter dans leurs interventions. »
Entièrement d’accord, mais je suis étonné car je croyais que tu étais contre toute intervention, point à la ligne. Alors que là, on pose ce qui à mon sens est la vrai question: où tracer la ligne et comment procéder?
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@Déréglé temporel:
Baisser les impôts est une forme d’intervention acceptable, tout comme réduire les dépenses et la taille de l’État. Deux mesures qui augmentent la liberté économique.
Pas vraiment, les soldats ne désobéissent qu’aux ordres immoraux généralement, ce qui rend une bataille plus facile à gérer. Le seul impondérable est leur courage, mais dans les armées bien disciplinées, comme celle de Napoléon, ce n’était pas souvent un problème.
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Au contraire, côté économie, Harper pourrait donner de sérieuses leçons à M. Dion.
M. Harper applique des politiques économiques conformes à ce qu’enseigne l’école autrichienne d’économie.
Harper n’applique rien du tout! Sinon le pire d’une politique conservatrice, coupez le social pour l’investir dans l’armée. Son bilan économique positif vient de la gestion budgétaire des gouvernements libéraux précédents et d’une croissance des revenus dû à l’explosition du prix des ressources.
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@Folonien:
Quels programmes sociaux a-t-il coupés au profit de l’armée?
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